Emacs 23.1 est là, pour les grands et les petits

(Nhat Minh Lê (rz0) @ 2009-07-30 17:08:10)

Alors que les die-hard fanatiques de l’Église de Stallman ont sans doute déjà eu le temps de s’amuser avec cette vingt-troisième mouture d’Emacs durant les deux longues années de son incubation dans les caves du GNU, c’est-à-dire depuis la libération de sa grande sœur, la vingt-deux, les impurs et autres voyeurs occasionnels peuvent enfin aujourd’hui — depuis hier, en vérité — s’offrir, en toute sécurité, sans (trop de) risques de corruption et autres joyeusetés, l’occasion d’en admirer les formes nouvelles, plus fraîches et plus rondes.

Car l’argument de vente principal d’Emacs 23 sur ses prédecesseurs est assurément son esthétique. Sa robe GTK, qu’elle revêt maintenant par défaut, galamment accompagnée du nouveau lissage de ses polices par Xft et d’un jeu d’icônes remis au goût du jour, lui confère un charme qui rivalise sans complexes avec les petites jeunettes du marché. Quelques touches trahissent toutefois son âge, notamment si les yeux de l’innocent s’arrêtent sur sa ligne de modes traditionnelle ou devant son maquillage d'origine, devenu quelque peu ringard.

Passée cette première approche, et une fois installée, ses multiples atouts et sa flexibilité, fruits de trente ans d’expérience, sauront cependant, je suis certain, convaincre les plus difficiles, si ceux-ci désirent toutefois se laisser séduire.

En effet, Emacs aura su profiter de ces deux années de développement pour perfectionner son usage de la langue, faisant d’Unicode son nouveau terrain de jeu, et apprenant à s’exprimer dans plusieurs fontes simultanément.

Mais si certaines surprises telles que les multiples changements de l’API ELisp (par exemple au niveau des frames), le partage entre terminaux (multi-tty), ou l’invocation démoniaque, s’adressent aux initiés, Emacs 23 est avant tout, à mon sens, un pas de plus vers la masse de curieux qui n’ose pas se lancer dans l’aventure, et les nouveaux paramètres par défaut tels que l’activation transient-mark-mode ou encore l’apparition du word-wrap à la Notepad sont là pour nous le rappeler. Avis aux amateurs.

Je n’ai pas voulu paraphraser le fichier NEWS, mais n’hésitez pas à le consulter pour un bref aperçu des nombreux changements survenus depuis la 22.3, tous nus cette fois-ci, sans mes commentaires ! :)

À propos de GTK, que les inquiets se rassurent, aucune relation ne semble avoir eu lieu avec l’être GNOME ; par mesure de précaution, il faudra tout de même s’assurer de disposer d’une version de librsvg sans support du svgz qui traîne avec lui son lourd passé gnomiste. Pour les utilisateurs de pkgsrc, j’ai écrit quelques lignes à inclure dans le makefile du port graphics/librsvg pour obtenir l’option de ne pas dépendre de libgsf (-svgz).