Ensimag, histoires d'intégration : la plaquette alpha

(Nhat Minh Lê (rz0) @ 2009-06-27 22:47:03)

Bon, c’est l’été, les oraux (des concours d’entrée aux Grandes Écoles, bien sûr), et bientôt la préparation à l’intégration de l’année prochaine, pour ceux qui intégreront. Les plaquettes des diverses écoles se font concurrence pour impressionner les candidats, dissiper tous les mythes, mettre en avant tous les atouts. Celle de l'Ensimag (remarquez au passage l’URL à rallonge horrible, typique de tous les services Internet qui dépendent de Grenoble INP) ne fait pas exception.

Dans la lignée de mes billets passe-temps sans grande utilité, je vous présente donc une petite critique (gentille) de la plaquette alpha (basée sur la version en ligne) ! Commençons…

Graphiquement, la qualité du PDF est sincèrement à vomir ; les bitmaps passent très mal et ne sont visiblement même pas à la résolution par défaut du document. D’un autre côté, la police d’écriture n’est pas désagréable, et la typographie pas trop mal respectée… seulement, soit il y a eu un problème technique, soit les relecteurs étaient aveugles, soit les rédacteurs n’apprécient pas correctement le rôle du point d’interrogation dans l’univers typographique français. On appréciera que cette année l’orthographe et la grammaire aient fait partie du package alpha.

Quant au texte, soyons honnêtes, c’est banal ; on saura donner un bon point à la (petite) recherche d’originalité avec l’aspect faux journal relativement réussi. Gros point faible toutefois : il y a clairement trop de paragraphes qui se suivent avec une mise en page monotone et linéaire, sacrifiant (à mon avis) trop la structure et la clarté au profit de l’effet de style journal. Passée la dixième page, j’ai dû faire une pause.

Sur le fond, rien de nouveau sous le soleil. Ce qui est dit est sans doute vrai pour certains, de là à dire pour une majorité, je n’en sais trop rien. Je tiens à préciser que les commentaires tentant de briser le mythe de l’ensimagien geek sont totalement fondés. Des étudiants avec une certaine expérience (n’osons pas parler ici d’intérêt) de l’informatique pratique, il n’y en a pas beaucoup à la rentrée… et guère plus un an après. Au premier jour, celui qui a utilisé un unixoïde ne serait-ce qu’une seule fois dans sa vie est probablement dans la moitié haute, sur l’échelle de l’expérience. (Pas de souci pour les autres, cependant, il y a le stage Unix et plein d’occasions de s’accoutumer.)

On remarquera, avec une certaine déception sans doute pour certains, la présence féminine modérée au niveau des photos, qui offre l’impression d’une école à dominante masculine, ce qui est la stricte vérité. On peut constater que sur la trentaine de photos montrant des élèves de l’école, au moins cinq comportent des filles de manière visible, soit un rapport d’1/6, ce qui n’est pas très éloigné des 14% ou 15% d’effectif féminin recensé à l’école. Même la vignette intitulée de manière évocatrice « Des filles » est agréablement sobre et apparaît comme un simple fragment de vie, avec son charme naturel, distrait… si toutefois on arrive à passer outre le conformisme latent qui prend la forme d’un orange omniprésent (qui était, n’en doutons pas, au moment de la photo, de circonstance) sur lequel un peu de noir est plus que le bienvenu…

En conclusion, quoi que l’on en dise, les prétendants à l’Ensimag ne passeront probablement pas des heures (sans doute même pas une seule) à contempler cette plaquette, encore moins à la disséquer, et elle me semble ainsi, cette année, et malgré quelques détails reprochables, mieux remplir son rôle que sa grande sœur, que j’avais eu entre les mains avant mon arrivée.