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Histoire de minorité et d'informatique

(Quentin Pradet (Cygal) @ 2009-08-27 12:06:10)

Comme me l’a encore récemment prouvé le Google Summer of Code, et surtout sa hum, superbe, liste de diffusion, où, noyés parmi cinquante messages dont je n’avais aucune utilité (et un petit e-mail vital), on pouvait trouver un vieux troll sur le sexisme, voici un thème qui est plus que jamais sensible dans le monde de l’informatique, et errr, je parie un sucre que quelqu’un va se sentir offensé par mon titre tout meugnon. :]

Bien sûr, cette réaction n’est pas de moi. Et surprise, elle n’est pas de blueblue non plus ! Cygal est dans la place ! Faut que l’on arrête le rap français, ici.

—minh

Cette réaction traite d’un point récurrent dans l’informatique en général et dans le monde du libre en particulier : la minorité parfois écrasante de la gent féminine. Nous ne discuterons pas ici de toutes les raisons qui me font penser que c’est une mauvaise chose qu’il faut enrayer, bien que ça puisse être intéressant, mais nous contenterons d’une analyse de cet article par rapport à la littérature existante sur le sujet.

La présence des femmes dans l’informatique est un sujet qui a déjà été maintes fois traité. Ce papier là est original dans le sens où il n’essaye pas de traiter le problème, et ne le présente pas seulement via des statistiques. Il essaie d’expliquer de manière historique pourquoi les femmes sont sous-représentées dans l’informatique en général. C’est une analyse courte et peut-être simpliste mais les explications données sont crédibles.

Petit résumé du papier

Contrairement aux autres disciplines scientifiques, l’informatique n’existait pas avant la Seconde Guerre Mondiale. C’était donc la porte ouverte aux femmes qui ont été embauchées dans le domaine, et se sont avérées très douées, selon l’auteur. Après la guerre, les hommes ont « récupéré leurs places » dans toutes les disciplines qu’ils occupaient avant la guerre. L’informatique n’existant pas avant, les femmes n’avaient pas de places à laisser.

Cependant, la pression sociale a fait qu’une majeure partie est retournée à des occupations considérées comme acceptables à l’époque. Celles qui sont restées dans de grandes compagnies étaient discriminées et devaient repousser les avances de leur collègues. Ce fut la première vague de déféminisation. De manière générale, le fait que le rôle traditionnel des femmes soit d’élever ses enfants n’a pas aidé, dans aucune de ces vagues.

La deuxième vague s’est effectuée quand l’apprentissage de l’informatique a été couplé à celui de l’ingénierie électronique, domaine presque exclusivement masculin, ce qui n’a pas encouragé les gens à s’intéresser à l’informatique.

La troisième vague s’est déroulée lors de la démocratisation de l’informatique. Les jeux ont toujours été faits pour et par des hommes, ce qui a fini par ancrer dans les esprits que « l’informatique c’est pas pour les filles ».

Un peu plus loin ?

Il n’est pas rare dans les domaines scientifiques de voir les filles traitées différemment, voire rejetées, parfois inconsciemment.

En informatique, c’est particulièrement vrai puisque les femmes et les hommes estiment que l’informatique n’est pas faite pour les femmes. Elles ne se disent pas intéressées et préfèrent choisir d’autres voies. Le fait qu’elles soient sous-représentées à ce point ne leur donne pas envie de venir. Si vous êtes un homme, imaginez ce que ça fait de rentrer dans un salon de manucure rempli de femmes. Vous ne vous sentirez pas à l’aise.

Cette analyse me semble intéressante parce qu’elle est courte mais semble expliquer un certain nombre de choses. Il y a sûrement d’autres points qui expliquent la situation, c’est pourquoi je vous propose un certain nombre de lectures complémentaires en annexe. Elles ne sont pas toutes centrées sur l’informatique en général, mais semblent intéressantes. L’article Wikipédia vous permettra de pousser plus loin.

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